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Qualité Références n°73

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Le point sur le marché de la formation suite à la réforme

DOSSIER Marché de la

DOSSIER Marché de la formation suite à la réforme de Formation (OPQF). Cette réforme va dans le bon sens : celui de professionnaliser notre activité. Q.R. : Que pensez-vous de l’application de la réforme concernant la qualité des actions de formation ? J.W. : Dans notre fédération, on avait créé l’OPQF. C’est une obligation pour les membres d’y souscrire. Les OPCA 5 , nos financeurs, veulent aussi en assurer le contrôle. Or l’OPQF est reconnu par le CNEPOF et accrédité par les structures des labels Qualité comme le Cofrac 6 . Il n’y a pas de nécessité d’en rajouter. Q.R. : Comment les financeurs vérifient-ils les critères de qualité des formations ? J.W. : A partir du moment où l’organisme de formation a un label, l’OPCA n’est pas tenue de vérifier. Q.R. : Y-a-t-il des difficultés à inscrire les formations sur la liste gérée par le Copanef ? J.W. : Oui, au début de l’éligibilité, c’est une liste restrictive des formations. Il faut élargir, comme nous l’avons dit dans nos recommandations. On peut supprimer ce principe de l’éligibilité et chacun peut suivre 5 Organismes paritaires collecteurs agréés. 6 Comité Francais d’Accréditation. FFP : une institution de la formation La fédération de la formation professionnelle figure à la 40 ième place des branches professionnelles avec un chiffre d’affaires d’environ 10 milliards € et emploie plus de 170 000 personnes. Elle est aussi membre du Medef, de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises et du Syntec 1 . www.ffp.org 1 Syntec regroupe dans ses syndicats constitutifs plus de 3 000 groupes et sociétés françaises spécialisés dans les domaines de l’Ingénierie, du Numérique, des Etudes et du Conseil, de la Formation Professionnelle, de l’Evénement. la formation à condition que l’organisme de formation ait un label. La liste gérée par le Copanef est trop restrictive et manque d’agilité. De plus, il est nécessaire de développer des formations transversales. Q.R. : Comment les formations évoluentelles pour s’adapter à cette réforme ? J.W. : Le rôle de la fédération est de déterrer l’évolution de nos organisations et d’aider à la fois les membres de notre organisation et tous les opérateurs qui suivront notre fédération. Cela s’inscrit dans la mise en place de recherche de labels et de l’offre digitale (outil de promotion, gestion et de pédagogie) de plus en plus demandée par les entreprises. Dans la réglementation, la formation a une définition stricte « Les attentes des entreprises par rapport à l’offre de formation sont énormes parce-que 50 % des métiers de demain ne sont pas encore connus. » et ancienne : elle est encore considérée comme un face-à-face pédagogique dans une salle, c’est-à-dire comme une délivrance d’un savoir par des experts en face d’un groupe qui n’a pas le droit de poser de questions. Or maintenant, on peut apprendre n’importe où, n’importe quand et avec n’importe quel moyen. Contrairement à d’autres pays, la formation à distance n’est pas reconnue. Or pour les formations en entreprise, des listes de présence avec des signatures sont demandées et cette obligation a entraîné un retard de la digitalisation par rapport à d’autres pays. Le rôle de la fédération est donc de faire évoluer cette réglementation. Q.R. : Quelles sont les attentes des entreprises par rapport à l’offre de formation ? J.W. : Elles sont énormes parce-que 50 % des métiers de demain ne sont pas encore connus. Donc il faut aider les entreprises à réfléchir et nous avons des formations pour se pencher sur l’évolution de leurs métiers. Les entreprises et les salariés souhaitent avoir du blending learning 7 . Les troisquarts de la profession ont développé des outils de formation en ligne. Cette réforme a accéléré les tendances. Q.R. : Pourquoi les entreprises ont-elles intérêt à choisir des programmes certifiants ? J.W. : Parce-que la reconnaissance sociale et sociétale de l’acquisition de connaissances par un titre (professionnel ou d’Etat) est une reconnaissance forte pour l’individu et un élément important de motivation. Elle permet de mieux gérer la carrière du salarié. Pour la première fois, la loi de 2014 a mise en place la réforme résultant d’un accord social de 2013. Un lien a été fait entre la formation, l’acquisition de connaissances à travers de la reconnaissance de la formation et la certification, les changements de postes et une reconnaissance en matière de rémunération. La certification est donc l’élément le plus motivant pour une personne voulant suivre une formation plus longue. Q.R. : Comment le rôle de responsable de formation évolue-t-il ? J.W. : Avant la réforme, le directeur de formation gérait finalement des dossiers de manière administrative et devait vérifier s’il avait payé toutes les cotisations obligatoires. Maintenant, il a une certaine liberté sur les formations de ses salariés. Il doit aussi passer de la gestion administrative à des gestions économique et du capital humain qui est le principal facteur de production le plus nécessaire au développement de l’entreprise. La formation nourrit, en effet, le capital humain. Elle développe, à travers l’apprentissage collaboratif (ou du social learning), des nouveaux usages et des innovations dans les métiers de demain. Propos recueillis par Valérie Brenugat 7 L’enseignement mixte ou blended learning associe apprentissage en ligne et présentiel. 30 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°73 • Juillet-Août-Septembre 2017

LE MARCHÉ DE LA FORMATION APRÈS LA RÉFORME DOSSIER LE GRAND INTERVIEW CEGOS, CESI, GLOBAL KNOWLEDGE FRANCE : des acteurs de la formation professionnelle Les organismes de formation Cesi, Cegos et Global Knowledge France dressent un bilan du marché de la formation professionnelle après la réforme de 2014. Interview croisé. NOS INTERVENANTS : Mathilde BOURDAT MANAGER D’OFFRES, CEGOS Corinne GOMES DIRECTRICE MARKETING & COMMUNICATION, GLOBAL KNOWLEDGE FRANCE Michel MOYNET RESPONSABLE MARKETING PRODUIT ET CONTENU, CESI Qualité Références : Quelles sont les conséquences de la réforme sur le marché de la formation ? Mathilde Bourdat : Cette réforme a entrainé une certaine dérégulation. Avant, le marché de la formation était relativement protégé puisqu’une partie de la contribution versée par les entreprises était dédiée au financement du plan. Cette participation a été supprimée pour les entreprises avec plus de 300 salariés et fortement diminuée pour les autres. Quant à la nature des achats des formations pour les entreprises, elle a changé parce qu’auparavant, un achat d’une formation n’était pas une vraie dépense. Aujourd’hui, pour les sociétés de plus de 300 salariés, cette dépense est sur fonds propres s’il n’y a plus d’argent mutualisé pour le financement du plan. Corinne Gomes : Depuis la mise en application de la réforme, l’année 2015 a accusé un ralentissement évident dû aux interrogations et à l’attentisme lié à la compréhension et à l’adoption du CPF 1 - même si les OPCAs 2 ont permis d’accélérer le financement des 1ers dossiers, par l’abondement. Aujourd’hui, en 2017, le choix des formations référencées à l’inventaire et éligibles au CPF est beaucoup plus large, mais leur recherche reste fastidieuse, la clarté de l’offre également. C’est pourquoi le rôle de conseil des organismes de formation est plus important encore, afin de comprendre les objectifs de compétences de l’individu ou les besoins de l’organisation et mettre en regard les possibilités de financement le cas échéant. Michel Moynet : Il est encore un peu tôt pour dresser un bilan de la réforme de 2014 qualifiée à juste titre de systémique. Car cette loi a, en effet, transformé profondément le paysage de la formation professionnelle en repensant complètement les règles d’accès à la formation et leurs financements. Un peu plus de recul sera nécessaire pour juger de l’efficacité de cette réforme, au regard des principes qu’elle pose et 1 Compte personnel de formation. 2 Organismes paritaires collecteurs agréés. notamment : la réorientation de l’obligation de financement, la formation en tant que véritable levier d’innovation et de transformation pour l’entreprise, la montée en qualification des salariés, l’individu acteur de son évolution professionnelle. Pour autant, en ce début d’année 2017, les tendances d’achat formation évoluent et les entreprises appréhendent de mieux en mieux les nouveaux dispositifs après les difficultés de mise en œuvre (plateforme CPF, listes des formations éligibles au CPF…). Les salariés sont de plus en plus nombreux à bénéficier d’actions de formation financées via le CPF. On observe aussi que la plupart des demandes coconstruites entre employeur et salarié aboutissent plus favorablement avec des taux de prise en charge extrêmement intéressants à l’appui de projets de formation structurants. Q.R. : Quelles actions les organismes de formation doivent-ils encore faire ? M. B. : Ils doivent obtenir une validation visée par le CNEFOP 3 ou entrer leur dossier de preuves via Datadock suivant le décret sur la qualité. Cegos est labellisé et certifié ISO 9000 et qualifié OPQF 4 depuis plusieurs années. Ce décret qualité n’a pas de conséquences pour notre société. Mais cela change pour les petits organismes car les validations ne sont pas gratuites et les dossiers de preuves sont assez lourds à constituer. C.G. : Il s’agit encore d’expliquer le fonctionnement du processus de référencement et de sensibiliser les RH/RF des grandes entreprises utilisatrices, pour lesquelles les services informatiques ne figurent pas dans les priorités de la branche métiers auxquelles elles appartiennent ; de fait, ce sont les publics informaticiens et chefs de projet qui pâtissent de la non éligibilité/ou du non référencement des formations dont ils ont besoin pour maintenir leur employabilité. Il en va de même pour tous les métiers transverses de l’entreprise. 3 Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles. 4 Office Professionnel de Qualification des Organismes de Formation. QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°73 • Juillet-Août-Septembre 2017 I31

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