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Qualité Références n°73

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Le point sur le marché de la formation suite à la réforme

DOSSIER LE MARCHÉ DE LA

DOSSIER LE MARCHÉ DE LA FORMATION APRÈS LA RÉFORME Global Knowledge s’attache également à informer les éditeurs/ constructeurs informatiques – souvent internationaux – pour leur expliquer le marché français et les principes de la réforme, afin qu’ils entament une démarche de référencement dans un intérêt commun. Enfin, il est parfois nécessaire aussi d’apporter des précisions, voire des justifications auprès de conseillers OPCAs dans le cadre d’un dossier de financement individuel CPF ; on se rend compte que la lecture qui est faite des certifications référencées à l’inventaire et des formations éligibles est très différente d’un chargé de dossier à l’autre. En informatique il ne faut pas oublier non plus que les évolutions technologiques amènent à de nombreuses mises à jour des certifications associées aux nouveaux produits ou nouveaux métiers, voire à la « montée en flèche » de nouveaux éditeurs et constructeurs ; c’est pourquoi, en tant qu’organisme agréé, nous réalisons un travail important conjointement avec eux. M.M. : La professionnalisation des salariés étant plus que jamais une priorité stratégique pour les entreprises, la réforme de la formation professionnelle favorise les formations diplômantes et qualifiantes. La formation est plus que jamais un investissement incontournable dans cette course à la compétitivité, à l’innovation et à la qualité. L’objectif est, avant tout, de mobiliser, valoriser et fidéliser les meilleures compétences techniques et managériales pour disposer d’un atout concurrentiel majeur et garantir l’employabilité de ses salariés. Les organismes de formation doivent donc accompagner les entreprises comme les salariés dans l’appréhension et la mise en œuvre de cette réforme, en proposant des offres de qualité qui répondent aux besoins métiers du moment tout en anticipant les besoins en compétences de demain. D’une part, l’éligibilité au CPF devient assurément un « label qualité » avec des parcours diplômants interentreprises « complets », des blocs de compétences composés de parties homogènes de ces parcours ou encore des cursus individualisés, éligibles au CPF. D’autre part, le conseil et la maîtrise des dispositifs de financement doit faciliter le montage des dossiers via le CPF et la période de professionnalisation. « L’éligibilité au CPF devient assurément un label qualité. » Michel MOYNET Q.R. : Que pensez-vous de l’application de la réforme concernant la qualité des actions de formation ? M. B. : Le fait d’obtenir un label ou d’avoir constitué un dossier de preuve garantit le respect des processus mais cela n’assure pas la qualité pédagogique de ces actions. C.G. : Au-delà du CPF, la réforme de la formation s’est accompagnée de la signature du décret qualité en juin 2015, avec une mise en application au 1er janvier 2017. En faisant l’«exercice » de répondre point par point aux 21 indicateurs qualité pour figurer dans le Datadock, plusieurs réflexions : Il peut exister un écart entre le déclaratif et la mise en application. En effet, Global Knowledge dispose déjà d’un processus qualité interne mais qui ne correspondait pas forcément point par point aux indicateurs tels que requis. Et on peut penser que pour d’autres, peut-être les organismes de plus petite taille, qui sans douter de la qualité de leur prestation doivent revoir et compléter leur processus qualité. Ainsi, la démarche permet de fait une certaine homogénéisation des pratiques et de la qualité attendue. La contrainte du label ou certification ? On a pu constater que le décret qualité a vu naître de nouveaux labels et certifications propres aux organismes de formation. L’incertitude subsiste quant au caractère – sinon obligatoire - fortement recommandé pour être exempté de justifier d’un processus qualité. L’obtention de l’un ou l’autre de ces labels reste coûteux, alors que le processus reste semble-t-il déclaratif. « On a constaté que le décret qualité a vu naître de nouveaux labels et certifications propres aux organismes de formation. » Corinne GOMES M.M. : La qualité des formations et des organismes qui les délivrent, reste au cœur de l’exigence des salariés, mais aussi et surtout de celle des entreprises et des OPCA. À ce titre, Datadock, nom de la base de données unique créée par les 20 OPCA et OPACIF 5 qui ont récemment publié la liste commune de 21 indicateurs permettant de valider le respect par les organismes de formation des 6 critères de qualité fixés par le décret du 30 juin 2015, est entrée en vigueur le 1 er janvier 2017. Ce socle commun d’indicateurs ainsi défini permet la création de cette base de données unique et mutualisée entre OPCA et OPACIF. Parmi ces indicateurs, notons : l’identification précise des objectifs de la formation et son adaptation au public formé, l’adaptation des dispositifs d’accueil, de suivi pédagogique et d’évaluation aux publics de stagiaires, la qualification professionnelle et la formation continue des personnels chargés des formations et la prise en compte des appréciations rendues par les stagiaires. Q.R. : Comment les financeurs vérifient-ils les critères de qualité des formations ? M. B. : Ils peuvent vérifier via Datadock avec l’obtention de la certification qui est une preuve. Autre cas : si l’organisme n’est pas certifié, il a rempli son dossier de preuve via Datadock. Dès que le dossier a été approuvé par un OPCA, les autres OPCA peuvent référencer cet organisme sans avoir besoin de relire le dossier de preuves car ils se sont mis d’accord. C.G. : Fin 2016, certains OPCAs ont anticipé l’application du décret qualité en auditant les principaux organismes sur leurs principaux critères qualité. Ils ont apporté conseils et ont suggéré les actions correctives à mener, en amont du Datadock. Au 1 er juillet 2017, les 25 OPCAs réunis autour du Datadock auront pu vérifier ces critères pour chaque organisme référencé et approuvé. M.M. : Les organismes de formation justifiant déjà d’un label qualité, bénéficient d’une présomption de qualité (ce qui est le cas du Cesi). Ils peuvent cependant être audités par les organismes financeurs. Les autres doivent démontrer qu’ils répondent aux critères qualité rappelés par le décret du 30 juin 2015. 5 Organisme Paritaire Agréé au titre du Congé Individuel de Formation. 32 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°73 • Juillet-Août-Septembre 2017

DOSSIER Q.R. : Avez-vous des difficultés à inscrire les formations sur la liste gérée par le Copanef 6 ? M. B. : Concernant la liste des certifications éligibles au CPF, les organismes créent une certification qui est enregistrée soit au répertoire national des certifications professionnelles, soit à l’inventaire des compétences transversales. Pour monter un dossier, il faut un partenaire institutionnel comme une branche professionnelle. Après pour la liste nationale, le Copanef cherche dans le RNCP 7 ou l’inventaire les certifications qui l’intéressent pour le CPF. C. G. : En tant qu’organisme de formation privé indépendant, notre rôle est malheureusement minime. S’agissant de déposer des certifications à l’inventaire de la CNCP 8 , on peut le faire de deux manières (en tant que déposant ou propriétaire). Global Knowledge a pu déposer, pour le compte de ses éditeurs partenaires, certains titres de certification informatique ; il a également soumis deux titres de certification métiers, avec l’appui de sociétés utilisatrices. Pour les formations rendues éligibles par le Copanef dans le cadre du CPF, les organismes ne peuvent agir directement. Concernant le référencement des formations pour les publics demandeurs d’emploi, il revient à la charge de chaque organisme de référencer ses formations sur le portail du Carif-Oref 9 , à travers des plateformes régionales pour les organismes disposant de plusieurs centres de formation en France. Une action en l’occurrence qui nécessite des ressources importantes. M.M. : La plupart de nos certifications enregistrées au RNCP sont inscrites au Copanef ou Coparef (le Cesi dispose de 23 campus régionaux). Cependant, nous serions favorables à la mise en place par le Copanef d’un processus visant à améliorer l’accessibilité à ces listes. Q.R. : Comment les formations évoluent-elles pour s’adapter à cette réforme ? M. B. : La réforme a créé un marché de la certification. Il y a plus de certifications créées pour le CPF et le financement de la période de professionnalisation. C.G. : Pour Global Knowledge, dont la majeure partie des formations s’appuient sur des accréditations auprès d’éditeurs/constructeurs ou encore d’organisations reconnues au niveau mondial, il n’y pas eu besoin d’adaptation de l’offre liée à cette réforme. Pour d’autres formations qui couvrent des compétences plus transverses, et pas forcément « certifiantes » au sens du CPF, Global Knowledge a conduit une réflexion pour évaluer comment permettre la reconnaissance des compétences et leur valorisation par une certification. Dans ce cadre, on peut évoquer l’évolution d’une offre de formation sous la forme de parcours modulaire mais le cœur du programme n’est pas remis en question. M.M. : Les formations sont construites en parcours complets donnant accès directement au diplôme. Mais elles sont également constituées, 6 Conseil Paritaire Interprofessionnel National pour l’Emploi et la Formation. 7 Répertoire national des certifications professionnelles. 8 Commission nationale de la certification professionnelle. 9 Centre animation ressources d’information sur la formation/Observatoire régional emploi formation. Salle de formation de Global Knowledge pour répondre aux modalités de la réforme, en blocs de compétences eux-mêmes éligibles au CPF et capitalisables sur plusieurs années. Q.R. : Quelles sont les conséquences sur les demandes des salariés et des entreprises ? M. B. : Cela crée une demande de certifications. C.G. : Après un certain attentisme constaté au lancement du CPF, différentes attitudes et démarches de la part des entreprises : • les « volontaires » qui ont redéployé leur plan de formation de manière co-constructive avec les salariés en intégrant pleinement le CPF et en demandant aux organismes de formation une adaptation du catalogue disponible • les « réfractaires », celles qui respectent en quelque sorte le CPF comme un droit du salarié à son initiative, et continueront à gérer les demandes au fil de l’eau M.M. : La réforme présente l’avantage de voir enfin les entreprises et les salariés coconstruire ces dossiers de formation avec un objectif « gagnant-gagnant » ; les OPCA ne s’y trompent pas quand il s’agit de les financer. Q.R. : Quelles sont les attentes des entreprises par rapport à la l’offre de formation ? C.G : Globalement, les attentes portent sur la durée des formations ; des modules plus courts sont attendus, alternant les rythmes et les modes d’apprentissage et incluant de plus en plus des offres dites « digitales ». Ou au contraire des parcours professionnalisants. L’optimisation budgétaire est inhérente à ces préoccupations. Le groupe Global Knowledge vient de publier son 10 ème rapport annuel des compétences IT et des salaires , mené dans le monde entier auprès de populations informatiques (managers ou « techniciens »). Parmi les points soulevés : -Les lacunes en matière de compétences : une préoccupation majeure • Plus des deux tiers des décideurs informatiques ont signalé un écart entre les niveaux de compétences et les connaissances nécessaires pour atteindre les objectifs, et expliquent qu’un investissement insuffisant dans le développement des compétences et la formation constitue la principale cause des lacunes soulevées. -La valeur des certifications : un impact salarial et de productivité • La majorité des décideurs informatiques ont indiqué que le coût de la certification était aisément amorti grâce à une productivité accrue, et des capacités d’interventions techniques plus rapides. Les répondants ont également indiqué une corrélation entre la certification, la sécurité de l’emploi et la satisfaction client. -La formation sous toutes ses formes © DR QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°73 • Juillet-Août-Septembre 2017 I33

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