Views
4 years ago

Qualité Références n°73

  • Text
  • Formation
  • Efqm
  • Entreprises
  • Durable
  • Formations
  • Organismes
  • Permet
  • Outils
  • Certification
  • Pratiques
Le point sur le marché de la formation suite à la réforme

DOSSIER LE MARCHÉ DE LA

DOSSIER LE MARCHÉ DE LA FORMATION APRÈS LA RÉFORME • Dans la rubrique « Comment les professionnels de l’informatique restent up-to-date ? », les salariés ont évoqué de nombreuses modalités de formation et sources d’information pour mettre à jour leurs compétences « Le groupe Global Knowledge vient de publier son 10 ème rapport annuel des compétences IT et des salaires. » Corinne GOMES M.M. : Concernant les formations diplômantes, les entreprises attendent, à la fois, des programmes qui répondent à leur stratégie RH de développement des compétences et de valorisation de leurs salariés, mais qui permettent aussi d’optimiser leur plan de formation grâce au levier du CPF. Q.R. : Pourquoi les entreprises ont-elles intérêt à choisir des programmes certifiants ou diplômants ? M. B. : Elles ont intérêt à choisir des programmes certifiants éligibles au CPF ou pour la période de professionnalisation parce qu’ils sont financés. La reconnaissance sociale joue aussi. Cela présente également un intérêt pour les salariés qui ont peu de diplômes. Mais on assiste à une dérive car certains salariés qui ont besoin d’une remise à niveau en anglais passent une certification en anglais car elle est finançable. Or ils n’ont pas besoin de la certification. Ainsi, cela peut devenir des rentes de situation pour les certificateurs car ils touchent des royalties à chaque fois. C.G. : On peut évoquer des programmes certifiants de deux natures : • Les parcours certifiants types CQP /RNCP : parcours longs, avec une équivalence de diplôme tel qu’établi par l’Education Nationale • Dans le milieu de l’informatique, la plupart des formations préparent aux programmes de certifications mis en place par les éditeurs et constructeurs (Microsoft, Cisco, IBM, etc) ; il existe aussi de nombreuses certifications propres à la Gouvernance (référentiels comme ITIL, DEVOPS, ISO 27001, …) ou à des méthodologies reconnues (Gestion de projet avec PMP, PRINCE2, Agile ; Business Analysis avec CBAP ou BPA) : l’intérêt réside plus sur des modules courts. Dans les deux cas, un programme certifiant a de bonnes chances d’être référencé à l’Inventaire ou au RNCP de la CNCP et donc de devenir éligible aux différents dispositifs de financement des OPCAs. M.M. : Un intérêt financier comme déjà évoqué, puisque financer des formations diplômantes par le biais du CPF (et la période de professionnalisation) permet d’optimiser son plan de formation. Mais l’objectif premier est d’apporter au salarié, une vraie qualification reconnue par un diplôme d’État et de le fidéliser par cette démarche. C’est, d’ailleurs, pour cette raison que de très grandes entreprises sollicitent notre organisme pour les accompagner à la certification dans le cadre de parcours de formation internes « maison ». « On assiste à une dérive car certains salariés qui ont besoin d’une remise à niveau en anglais passent une certification en anglais car elle est finançable. » Mathilde BOURDAT Q.R. : Les organismes de formation peuvent-ils accompagner ces entreprises dans leur démarche ? M. B. : Ce sont les rôles de l’OPCA dès qu’il y a un financement. Quelquefois, les entreprises optent pour la solution de subrogation qui consiste à faire une convention entre l’organisme de formation et l’OP- CA. Cette démarche soulage la société de toutes les démarches administratives associées à l’action. En outre, les organismes conseillent sur les formations les responsables de l’inscription et des salariés. Mais ces actions restent marginales. C.G. : Oui tout à fait, dans la définition de leurs besoins de compétences, et la construction du plan de formation et dans leur recherche de solutions de financement, et la connaissance des dispositifs à leur disposition. M.M. : Bien sûr, déjà en étant très proches d’eux géographiquement avec toute la connaissance associée des bassins d’emplois. Une proximité qui doit se faire également vis-à-vis des OPCA et branches professionnelles, des conseils régionaux, bref de tous les acteurs de la formation professionnelle locale. L’accompagnement des entreprises se fait en ayant une connaissance précise de leur stratégie, de leurs besoins opérationnels et en les conseillant dans toutes leurs démarches administratives et de financement. Q.R. : Comment le rôle de responsable de formation évolue-t-il ? A-t-il besoin d’une formation ? M. B. : Ce métier est en pleine mutation avec la digitalisation et l’accélération des rythmes économiques. Le responsable de formation doit proposer une offre plus réactive et plus agile et être plus en prise avec les opérationnels. Ils doivent travailler rapidement avec les experts terrain sur des formations répondant aux besoins. Donc ce changement se déroule dans la fonction RH ou Formation. Parfois, il se démultiplie. Des services opérationnels embarquent des chefs de projet Formation pour répondre à leurs besoins rapidement. Cela marginalise alors la fonction Formation RH qui peut être cantonnée qu’aux tâches administratives. La logique de la transformation de cette fonction conduirait à devenir un responsable du développement (des compétences, de l’entrée du recruté dans l’entreprise à son départ, mobilité et progression professionnelle). Mais cette réforme joue un rôle marginal dans cette transformation. Le responsable de formation a besoin d’être en réseau car il est souvent isolé et cloisonné dans l’entreprise. Ils peuvent partager leurs pratiques professionnelles dans des associations et faire une veille très active. C.G. : Le rôle du responsable de formation est évidemment renforcé depuis la réforme afin de prendre en compte dans leur plan le dispositif CPF (notamment à travers l’entretien annuel) pour une meilleure coordination avec les salariés et leur management. M.M. : Le responsable formation de « l’après réforme » a un rôle stratégique accru mais aussi une dimension opérationnelle plus exigeante. D’une part, la réforme de la formation questionne les processus, les financements et, par conséquent, les budgets. Avec la sécurisation des parcours professionnels prévue par les dispositions réglementaires encore récentes, l’entreprise doit veiller plus encore à l’employabilité de ses salariés. Le responsable de formation est tenu de leur proposer des parcours permettant de maîtriser leur métier et de favoriser une évolution interne ou externe. Outre la gestion des formations relevant du plan, ses missions prennent plus d’ampleur, avec notamment l’élaboration de projet et cursus de formation individualisés. Propos recueillis par Valérie Brenugat 34 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°73 • Juillet-Août-Septembre 2017

LE MARCHÉ DE LA FORMATION APRÈS LA RÉFORME DOSSIER CERTIFICATION LRQA France certifie des organismes de formation Gilles Bessière, directeur technique de LRQA France analyse le marché de la formation après le décret du 30 juin 2015. Avis d’un organisme de certification et de formation. © DR Gilles BESSIÈRE, directeur technique. Qualité Références : Quelles sont les conséquences de la réforme sur le marché de la formation ? Gilles Bessière : Le législateur a légiféré pour structurer tous les organismes de formation. Il a identifié des points importants pour les organismes de formation qui demandent continuellement des financements. Ce décret sorti en 2014 a été transformé en 2015 sous la forme du décret n°790 du 30 juin 2015. Pour que l’organisme de formation fonctionne et obtienne des financements, il doit se référencer et être certifié. Si ce décret est applicable depuis 1 er janvier dernier, une période de transition est prévue jusqu’au 30 juin 2017. Un GIE a été donc mis en place le 4 janvier dernier avec les différents OPCA. Sur les 20 OPCA, 19 (sauf la FAFSEA) ont donné leur accord. Mais les régions et Pole Emploi demandent un référencement propre. Q.R. : Quelles actions les organismes de formation doivent-ils encore réaliser ? G.B. : Tous les organismes qui veulent être financés par les OPCA, devront se référencer sur la plateforme Datalock. Sur cette plateforme, 21 critères sont demandés : la conception de la formation, la communication, la formation des stagiaires, la qualification des formateurs. Mais cette démarche est autodéclarative et une cinquantaine de documents (catalogue de formations…) est exigée. L’autre solution consiste à poser sur cette plateforme une certification reconnue par le CNEFOP 1 . Ainsi, LQRA France a demandé une référence pour délivrer le service. Donc nous sommes partis des exigences du décret et nous avons créé des référentiels : l’un reposant sur le décret Qualité et l’autre structurant s’appuyant sur les normes ISO 29990. Or 75 000 organismes de formation ne sont pas formés et qualifiés. En tant qu’auditeur, nous sommes référencés, qualifiés, enregistrés. Nous devons indiquer le nombre d’audits que nous faisons par an. Par ailleurs, il existe des entités qui produisent du matériel, l’installent sur les sites et qui forment le personnel à leur utilisation. De plus, beaucoup d’entreprises font des déclarations d’activité d’organisme de formation à l’intérieur de leur structure. Ainsi, des grands groupes ont profité de cette démarche pour obtenir des financements et former leurs propres collaborateurs. La réforme permettra de clarifier cette situation. Fin mai, sur 75 000 organismes de formation, 2000 sont référençables sur Datalock. Or, le GIE n’est pas encore en ordre de marche pour auditer les organismes de formations afin de les référencer. En tant 1 Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles. qu’organisme certificateur, nous réalisons aussi ce type de travail. Après un auditif positif, il ne reste plus qu’à l’organisme de formation de déposer le certificat dans la plateforme sans autre démarche et c’est donc plus simple. Quant aux autres sociétés de formations, ils devront remplir les 21 critères exigés. Nous avons créé notre propre référentiel validé par le CNEFOP avec 27 critères. D’abord, nous réalisons une revue documentaire qu’on audite. L’audit ne dure qu’une journée. Après, l’entreprise certifiée pendant 3 ans, bénéficie d’une visite annuelle. 20 certificateurs existent sur ce marché de l’audit. Si la société de formation travaille avec Pole Emploi, elle doit se rapprocher de son organisme financeur qui demandera, soit remplir les critères, soit une certification provenant d’un organisme reconnu par le CNEFOP. « Nous avons créé notre propre référentiel validé par le CNEFOP avec 27 critères. » Q.R. : Que pensez-vous de l’application de la réforme concernant la qualité des actions de formation ? G.B. : Nous sommes convaincus par cette réforme qui permettra de structurer les organismes de formation. Notamment, il y a des critères sur les acquis. Avant la réforme, des stagiaires n’avaient pas d’examens ou de points de contrôle à la fin de certaines formations. Q.R. : Comment les financeurs vérifient-ils les critères de qualité des formations ? G.B. : Les 19 OPCA du GIE vérifieront le référencement via le Datalock. Pour les autres démarches, ce sera au cas par cas. QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°73 • Juillet-Août-Septembre 2017 I35

Qualité Références - Découvrez la revue en version digitale

Pour vous abonner, joindre la rédaction, communiquer dans la revue ou simplement avoir plus d'informations sur votre métier, rendez-vous sur notre site internet :

www.qualite-references.com