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Qualité Références n°81

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De l’industrie pharmaceutique à l’établissement de la santé : quelles solutions ?

DOSSIER SPÉCIAL SANTÉ

DOSSIER SPÉCIAL SANTÉ FÉDÉRATION FAQSS : au service de la qualité et des risques en santé La fédération d’associations impliquées dans la qualité et la gestion des risques au sein du système de santé comprend divers objectifs : constituer une communauté professionnelle, former et accompagner, promouvoir le métier et la profession, dynamiser l’innovation et la recherche. Le point Qualité Références : Quels sont les enjeux de la qualité dans les établissements de santé ? Gilbert Mounier, consultant Qualité et gestion des risques et président des FAQSS et SoFGRES. Gilbert Mounier : Historiquement, en 1996, l’ordonnance Juppé a entraîné la révision des politiques publiques. Un article s’interrogeait alors sur la qualité sur le service médical rendu. L’interrogation sur les patients venait des usagers qui étaient des clients symboliques. Puis en 2000, une réflexion est menée sur la qualité et la sécurité avec une approche plus prononcée sur la qualité des soins au sens de la prise des soins des patients. La démarche en santé est, avant tout, un travail sur la question de la gestion des risques associés à la prise en charge. Des démarches d’amélioration du système sont élaborées pour sécuriser cette prise en charge. L’erreur ou les dysfonctionnements en santé peuvent entraîner des conséquences dramatiques. Ainsi, la première victime est le patient, la deuxième victime, les professionnels et la troisième victime, l’institution. Ainsi, les démarches ont traité au départ les questions de révision de politique publique avec celle du patient, de son droit et de son information. En 2002, grâce à la loi Kouchner, l’association de patients a commencé à élaborer la démocratie sanitaire avec le patient comme acteur. L’approche de la qualité en santé s’inscrit aussi dans une démarche très contrainte et un système qui doit être efficace avec des questions d’efficience et la notion du juste soin. Une réflexion est encore menée sur la démarche Qualité et sécurité des soins. Enfin, dans la prochaine démarche de la certification, l’équipe et le patient occupent des places importantes. De plus, un travail sur la culture de la performance du résultat et de la pertinence est mené. L’autre axe concerne l’adaptation au système de santé dans les évolutions futures : la question de la charge ambulatoire, le cinquième risque, la prise en charge de l’aîné... Q.R. : COMMENT MESURE-T-ON LA QUALITÉ DANS LES ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ ? G.M : Il existe plusieurs approches : les indicateurs Qualité, Sécurité et Santé pilotés par HAS 1 qui ont commencé avec la tenue des dossiers Patient, l’indicateur de la lettre de liaison remise au patient à sa sortie. Par ailleurs, la question primordiale de la douleur est posée, notamment à travers sa traçabilité puis avec la détection des troubles professionnels et les actions mises en place et ensuite selon les indicateurs autour de la lutte contre 1. Haute Autorité de Santé. 36 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°81 • Avril - Mai - Juin 2019

SPÉCIAL SANTÉ DOSSIER l’infection nosocomiale Icalin qui portent sur la planification et la mise en œuvre et l’évaluation des protocoles des organisations. De plus, des indicateurs concernent la consommation des solutions hydroalcooliques parce que les enjeux concernant l’hygiène sont liés au risque des transmissions manuportées. En outre, des indicateurs portent sur les dossiers d’anesthésie et spécifiquement, les modalités de la prise en charge. Cela peut donc être lié à des organisations, la traçabilité ou des recommandations d’applications et spécifiquement sur la santé mentale, l’intégration du travail avec le médecin par rapport aux problématiques somatiques du patient. La question de la contention 2 se pose également : comment respecter les droits des patients en les privant de la liberté ? La contention est parfois nécessaire pour qu’un patient ne soit pas hétéro-ou auto-agressif. Les grands enjeux sont donc de trouver des indicateurs de pratique, de suivi et parfois de prise en charge. Enfin, des indicateurs sont orientés vers le client. E-satis en est un exemple car il est une satisfaction des patients hospitalisés. Q.R. : POURQUOI ARTICULEZ-VOUS LA QUALITÉ ET LA SÉCURITÉ ? G.M : Ce sont les faces d’une même pièce. Cette articulation correspond à la vision de la société française de la gestion des risques. La démarche Qualité permet d’être efficace et efficient en cherchant les causes de dysfonctionnement et par une compréhension de ce qui s’est passé. A partir des actions d’améliorations curatives et préventives, un travail est effectué sur les processus de soins. Par ailleurs, la démarche d’identification des risques consiste à identifier et hiérarchiser des dysfonctionnements potentiels car certains sont majorants et porteurs de risques majeurs face à des situations graves où un travail est mené avant tout sur les risques pour avoir une organisation de la sécurité. Cela est propre 2. La contention dans le domaine médical est l’action d’entraver la mobilité d’un patient. « Les grands enjeux sont donc de trouver des indicateurs de pratique, de suivi et parfois de prise en charge. » « Depuis le début de la certification, les usagers occupent une place importante avec la qualité de la prise en charge. » au monde de la santé car le risque peut être réel et entraîner des conséquences de décès, de première victime et de seconde victime. De plus, la démarche de sécurisation et d’analyse revient à définir la planification et identifier et analyser des modes d’actions. La démarche Qualité permet donc d’interroger les organisations sur leur fiabilité. En fait, dans l’histoire de la qualité, il y a une scission sur les enjeux de sûretés de fonctionnement. La prise des risques était un sous-groupes du MRQ 3 . Q.R. : LA FAQSS 4 COMPREND, ENTRE AUTRES, L’ASSOCIATION DES RESPONSABLES EN QUALITÉ EN PSYCHIATRIE. LA QUALITÉ DANS LES CENTRES PSYCHIATRIQUES SE DIFFÉRENCIE-T-ELLE DE CELLES DES AUTRES BRANCHES MÉDICALES ? G.M : De manière générale, il s’agit de la prise en soin et ensuite, des spécificités sont liées à la prise en charge des patients. Après, comme pour tout groupe, la réflexion est fondée autour des responsables avec une communauté d’intérêts spécifiques comme celle dans la HAD 5 . En santé mentale, la question du corps est prégnante car longtemps, on avait un peu omis que le patient avait un corps. Or le patient est aussi un être. Q.R. : QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES DE LA CERTIFICATION SUR LES ACTIVITÉS DES ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ ? G.M : La démarche de la certification est vécue : soit comme une démarche permanente d’amélioration continue, soit comme une contrainte, une réponse opportune à une démarche pour obtenir une certification avec une notion de coût. Certains 3. Management des risques et de la qualité. 4. Fédération des Associations "Risques et Qualité en Santé." 5. Hospitalisation à domicile. QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°81 • Avril - Mai - Juin 2019 I37

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